Sale temps pour les patrons si le vent tourne.

Publié le par ventlibertaire33.over-blog.com

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Qui n’a pas rêvé un jour de se débarrasser de son patron ? Surtout si ce dernier est une véritable saloperie, de ceux qui pressent les ouvriers comme des citrons, qui ferment les boîtes, qui plongent dans la misère des familles entières. Les ouvriers imaginés par Jean-Pierre Levaray vont passer du rêve à la réalité. La saison 2 de Tue ton patron est une fiction pour le moins… acide.

On pourrait se réjouir de voir certaines boîtes pourries fermer. Adieu les cadences folles, le bruit des machines, les produits toxiques, les accidents de travail… Plus besoin de demander la permission pour aller pisser. Plus besoin de faire sonner le réveil pour aller au bagne. Les choses ne sont pas aussi simples.

 

Les ouvriers dépeints par Jean-Pierre Levaray (ouvrier lui-même) ne reprennent pas en chœur le tube d’Henri Salvador, Le Travail c’est la santé, en allant pointer. Mais leur sang n’a fait qu’un tour à l’annonce de la fermeture de leur entreprise. L’action de Tue ton patron 2 se déroule le jour de la tenue d’un CE extraordinaire. Une grève accueille les dirigeants qui se pointent en BMW et en Mercedes. A la rigidité des huiles répond un concert de slogans, de cornes de brumes, de vuvuzelas, de bidons et de pétards. Un grand feu de palettes est allumé histoire de chauffer encore un peu plus l’ambiance.

 

Une belle brochette de salauds a dirigé la boîte. Des paternalistes, des polytechniciens, des faux culs de « gauche » et des bouffeurs de rouges se sont succédés. Cellier est un dur de dur, un vrai qui en a maté plus d’un. Ce ne sont donc pas quelques gauchistes de merde qui vont l’effrayer.

 

Secrètement, après diverses brimades, menaces de mise à pied, de licenciements ou de mutations, certain-e-s auraient bien voulu lui régler son compte au Cellier. Au couteau. A la grenade. Mais dessouder un boss n’est pas la portée de tout le monde… Une ouvrière, coincée dans l’ascenseur avec ce fumier, pensait pouvoir l’étouffer entre ses seins. Un gars s’est vu dans la peau de l’un des tueurs de nazis du film de Quentin Tarantino, Inglourious Basterds, quand le patron lui apparut - dans un flash - en uniforme SS.

 

Finalement, c’est une version très acide du slogan Tous ensemble ! qui va se jouer. Dans la catégorie crime parfait, ouvriers et cadres sont à l’unisson pour faire disparaître celui qui a cristallisé leur rage. « Si le patronat est sauvage, il n’y a pas de raison que les ouvriers soient des anges », disait Manu Chao dans l’Huma Dimanche le 22 août 2009. En effet, si les tauliers se conduisent comme des voyous, pourquoi les ouvriers joueraient-ils aux gentlemen ? Pourquoi les ouvriers martyrisés et les chômeurs affamés se suicideraient, comme c’est tragiquement le cas en ce moment en Grèce et en Italie, alors qu’ils feraient mieux d’accrocher les responsables de leurs malheurs à des crocs de boucher… ou à des piques. Ah ! ça ira, ça ira !

 

Rappelons pour finir que Jean-Pierre Levaray est au centre d’une chaude actualité éditoriale. En parallèle de Tue ton patron – saison 2, sont sortis deux autres livres. Il s’agit d’un livre jeunesse (C’est quoi ce travail ?) et d’une BD d’Efix tirée de la première saison de Tue ton patron. Enfin, le réalisateur Rémy Ricordeau va sortir le 24 avril un coffret avec Les Mutins de Pangée qui reprend notamment le film adapté du livre Putain d’usine. Des munitions parmi d’autres pour les combats qui s’annoncent.

 

 Jean-Pierre Levaray, Tue ton patron – saison 2, éditions Libertalia, 138 pages, 8 euros. Illustrations Thierry Guitard. Le site des éditions Libertalia.

 

Publié dans Actualité

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