Manque de sommeil, manche, attente, promiscuité, froid, insécurité : bienvenue à la rue.

Publié le par ventlibertaire33.over-blog.com

La galère ordinaire, dans la peau d'un sans-abris. Manque de sommeil, manche, attente, promiscuité, froid, insécurité : bienvenue à la rue.

La halte de nuit sert de dernier recours à ceux qui refusent les foyers ou n'y ont pas obtenu de place.

La halte de nuit sert de dernier recours à ceux qui refusent les foyers ou n'y ont pas obtenu de place. (photo Laurent Theillet)

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Marcher, marcher, marcher. Des heures que je marche. La nuit avance et le froid mord plus fort. S'arrêter, c'est grelotter. Il faut marcher… À Bordeaux, sur un pas de porte, contre le Palais des sports, sur un banc, ils dorment, nombreux, sur le pavé glacé, sous la protection dérisoire de couvertures pourries ou d'un mauvais carton. Le peuple d'en bas, aux confins hideux de notre monde, juste sous nos fenêtres.

Les gares sont encore des refuges. Au moins jusqu'à minuit et demi, heure de fermeture. Toujours ça de gagné sur la nuit et l'hiver. La salle d'attente se donne ironiquement des airs de salon bourgeois. Parquet, moulures… 00 h 36 : « On ferme la gare, messieurs dames ! » Les deux gardiens ont compris : « Monsieur, vous pouvez quand même accéder au souterrain de la gare. Il fera toujours moins froid que dehors. »

Publié dans Actualité

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