Le «tourisme de mémoire» fait recette.

Publié le par ventlibertaire33.over-blog.com

 

Un groupe de militaires se prennent en photo à Sainte-Mere-Eglise, en Normandie, l'une des premières communes de France libérées le 6 juin 1944.
Un groupe de militaires se prennent en photo à Sainte-Mere-Eglise, en Normandie, l'une des premières communes de France libérées le 6 juin 1944.Crédits photo : © Vincent Kessler / Reuters/X00403

Cimetières militaires, villages martyrs et citadelles ont reçu plus de 6 millions de visiteurs en 2010.

À considérer leur impact économique, les sites mémoriels ne dorment pas. Cimetières militaires, villages martyrs, ossuaires, citadelles, nécropoles, musées de l'armée, forteresses et autres mémoriaux témoins de notre histoire ont réussi à s'imposer comme des acteurs de poids dans le secteur du tourisme.

C'est en tout cas ce que révèle en avant-première au Figaro une enquête nationale commanditée par le ministère de la Défense et des Anciens Combattants, en partenariat avec le ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie. Réalisée par l'agence de développement touristique de la France, Atout France, elle procède à un classement des sites les plus visités en chiffrant parts de marché et impact sur l'emploi. Ainsi, en 2010, l'ensemble des sites payants ont reçu quelque 6,2 millions de visites, soit un chiffre d'affaires de 45 millions d'euros. Ce à quoi s'ajoutent les retombées indirectes des sites gratuits sur le tourisme local, considérables mais difficilement chiffrables. Côté fréquentation, 60% des visites sont effectuées par une clientèle individuelle, les scolaires représentant 24% des entrées totales et les militaires et les anciens combattants, 4%. La clientèle française reste majoritaire avec 55% des visites en 2010.

Ces sites ont généré 1050 emplois à temps plein l'an passé et mobilisé 3000 personnes au total. Les résultats de cette enquête surviennent alors que se tiennent aujourd'hui les 1res Assises du tourisme de mémoire au Sénat.

Sans compter l'e-tourisme

Échanges, tables rondes et expertises sont au programme pour organiser cette­ filière qui émerge. En effet, la mise en tourisme des sites mémoriels relatifs aux conflits contemporains est relativement récente, avec 80% d'ouvertures après 1980, dont 25% dans les années 2000.

«Cette journée est la réaffirmation de l'engagement des collectivités dans les chemins de mémoire et dans leur volonté de les mettre en valeur, commente Joseph Zimet, adjoint à la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (DMPA). Ce tourisme rapporte à tous les égards: histoire, culture, économie… Il permet de mieux comprendre le passé et participe à la formation de la conscience citoyenne.»

Depuis la professionnalisation des armées, il a aussi permis de promouvoir des sites reconvertis et de «retisser le lien de mémoire avec la nouvelle génération, qui est la première à être coupée de la réalité de la guerre», souligne Yves Le Maner, directeur de la mission commémoration de la région Nord-Pas-de-Calais. Surfant sur un «véritable sursaut d'intérêt pour la mémoire», ce responsable sort l'artillerie lourde pour 2014-2018 afin de célébrer la commémoration du centenaire de la Grande Guerre. Portail Internet des champs de bataille, guidage du visiteur par Smartphone… l'e-tourisme de mémoire a, lui aussi, de longs jours devant lui.

Publié dans Actualité

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